Les convictions et la projection des peurs : Le paraitre (1/2)

Nous parlons aujourd’hui de deux notions plus que présentes dans notre société actuelle, à savoir être et paraitre. Ces deux termes sont ambivalents mais pourtant extrêmement liés. Il s’agit de bien saisir pourquoi nous devons quitter le paraitre pour tendre vers le soi et donc une existence plus épanouie et heureuse.

D’un point de vue général, l’être c’est adopter des comportements, attitudes et réflexions en accord avec nos convictions profondes. Le paraitre lui sera la réponse la plus adéquate à une méconnaissance de soi dans une optique de plaire à des idées dans lesquelles nous ne nous retrouvons pas, ou du moins partiellement.

Faire la différence entre être et paraitre n’est pas facile, nous sommes souvent victimes des projections des peurs de nos proches et cela altère notre jugement.

Le paraitre: modèles, peurs et pressions sociales

1. Les modèles erronés

Nous avons tous connu des situations auxquelles nous nous sommes pliés afin de ne pas se mettre des personnes à dos, se mettre dans des situations délicates ou bien pour ne pas sortir de notre zone de confort. 

Nous avons pu être l’objet des projections de peur de nos parents, du type: « tu devrais suivre cette voie professionnelle, il y a des débouchées et de la place » plutôt que suivre nos réelles envies d’avenir.

Il y a également la possibilité d’être sujet aux pressions sociales. Cette pression qui vous pousse soit à vous affirmer pour exister dans un groupe afin de ne pas être laissé pour compte soit à vous écraser afin de ne pas faire de tord aux autres et être accepter.

Il existe une multitudes de possibilités de se trouver dans une phase de paraitre et donc de prendre une voie parallèle à notre bonheur qui à terme nous apportera regrets et déceptions. Ici nous nous intéresserons à deux aspects primordiaux qui déterminent en grande partie nos comportements quotidiens.

Le paraitre, c’est adopter des idées et comportements contraires à nos convictions.

2. La projection des peurs : l’influence parentale

Nos parents sont les premiers influenceurs de notre vie. En nous élevant, ils nous apprennent comment nous comporter en société, comment survivre tout au long de sa vie, à suivre une voie professionnelle et donc nous donner les armes de ce long chemin.

L’éducation que nous recevons est essentielle afin de respecter certaines règles (code civil, conventions sociales, etc.). Ces règles nous apprennent où se situe notre liberté et donc nos droits et devoirs. 

Cependant, nos parents sont aussi les premiers inquiets de notre avenir, qu’il soit professionnel, social ou amoureux. Ainsi ils peuvent avoir tendance à nous diriger vers des voies qui les rassurent sans prendre toujours en compte nos aspirations et nos projets. Ils projettent ainsi leurs propres peurs sur nous, et pour certains, dans un soucis de leur faire plaisir, nous suivons leurs schémas ou du moins essayons de concilier nos désirs et les leurs. 

Sachez qu’il s’agit (presque) toujours de directions données « pour votre bien », en effet majorité de parents aiguillent pour le bien de leur enfant et donc pour se sentir en sécurité. Il existe aussi des cas où les parents dirigent leurs enfants dans une voie ou eux-mêmes ont échoués et ressentent un gout d’inachevé. Sachez que ce schéma est négatif pour vous et pour eux.

Pressions sociales

1. La vie de groupe

Après avoir pris votre envol et donc après avoir reçu votre éducation, vous devez faire des choix. Ces choix sont dictés par ce que vous voulez faire de votre vie. Cependant il est possible d’être sujet à certaines pressions sociales (plus ou moins fortes). 

Il arrive dans la vie que nous soyons perdus et donc que nous ne sachions pas à quoi nous raccrocher. Nous ne savons pas toujours qui nous sommes et c’est à ce moment là que nous nous raccrochons à nos croyances profondes. Nous avons des amis, des copains, des connaissances sur qui nous comptons. Les interactions sociales que nous avons avec ces personnes dictent également nos comportements et aspirations. 

Pour beaucoup, nous avons besoin de faire partie d’un groupe et de sa hiérarchie. Afin de gravir ces échelons et se sentir aimé, se sentir important, nous pouvons souvent adopter des comportements et idées qui sont le fruit de la réflexion de quelqu’un d’autre et que nous partageons seulement partiellement. Or, nous acceptons de suivre ce chemin quitte à nous oublier nous-même. C’est une route dangereuse car elle nous pousse à réaliser des choses en désaccord avec nos convictions. Cela dit, nous y trouvons notre compte puisque nous appartenons à ce groupe. Nous avons pour la plupart, peur d’être rejeté, peur d’être seul, peur de n’appartenir à aucune communauté et la solution la plus simple semble être d’accepter les dogmes présents pour se satisfaire, mais cela ne dure pas.

2.L’entourage proche

Il existe ces « amis » qui savent ce qui est bon pour vous sans vous concerter au préalable. Ils vous dirigent et insistent sur des voies qui ne sont pas toujours celles qui vous correspondent. Ils peuvent vous juger quant à vos actions, surtout celles qui dérogent à la vie de votre groupe. A partir de ce moment, vous pouvez soit rentrer dans le droit chemin, soit exposer vos convictions et suivre votre voie. 

Il y a aussi le domaine des relations amoureuses où l’autre peut parfois à raison ou à tord, vous aiguiller vers une voie professionnelle ou personnelle basée sur ce qu’il sait de vous. Soit l’autre vous connait très bien et vous aiguille de manière adaptée et cela renforce votre relation, soit il vous aiguille dans une voie qui lui le sert et le rassure. L’exemple le plus criant est celui de la voie professionnelle. Si votre conjoint est plutôt frileux en écoutant votre projet, il peut avoir tendance à vous diriger vers une voie plus « sûre » en prétextant la sécurité du salaire plutôt qu’une voie « à risque ». Cela le rassurera beaucoup plus. Malheureusement il s’agit là d’une facette égoïste de son personnage, consciente ou inconsciente.

3. Réflexion supplémentaires : Les modèles utopiques

A l’ère du numérique et donc de la possibilité d’être influencé par différents médias, nous avons une multitude de modèles possibles pour forger notre idéal et notre vie future. Je suis d’avis qu’il est bon d’avoir « le choix » pour s’inspirer et devenir ce que l’on veut. Mais il y a aussi le revers de la médaille et toutes ses conséquences. Je vais prendre l’exemple de la télé-réalité qui tend à montrer des personnes dites « de fort caractère », souvent dans le conflit, vivant la vie de rêve face aux caméras et avec des perspectives professionnelles lucratives en sortant de ces émissions. 

Malheureusement il s’agit d’après moi d’une des pires influences possibles. Déjà parce que nous n’avons que la version « caméra ON » et qu’il s’agit potentiellement d’émissions surjouées afin de provoquer un attachement aux protagonistes et donc une envie de continuer à suivre le programme. Dans un second temps, ces émissions mettent en lumière des lacunes néfastes au développement d’un public jeune: langage erroné, relations conflictuelles, activités inadaptées au quotidien des personnes lambdas. De plus, quand nous regardons de plus près les « célébrités » qui en ressortent, rare sont eux qui inspirent dans une optique collective et bienveillantes. Loin de moi l’idée de juger quiconque, mais porter aux nues un personnage comme « Nabilla », célèbre grâce à ses frasques et ses erreurs grammaticales exagérées ou non, donne une vision bien lointaine de la réalité. 

Sortir des schémas négatifs

Ces modèles, qu’ils soient proposés par de bonnes intentions (parents ou amis) ou de mauvaises (télé-réalité) sont pour la majorité négatifs pour vous.

Il s’agit d’un jeu très dangereux auquel nous jouons. En effet, suivre des voies qui ne sont pas les nôtres est néfaste pour notre avenir. C’est pourquoi beaucoup parle de « crise de la quarantaine »,   de « s’être trompé de voie », « regretter » etc.

Cela arrive parce que nous avons cédé nos convictions à des personnes qui, pensant faire le bien ou non, n’ont pas pris en compte nos aspirations profondes. Mais le véritable coupable dans l’histoire c’est bien vous. Vous avez la possibilité de mettre en lumière vos convictions et vos envies, il s’agit de tenir tête aux dogmes en place en apprenant à vous connaitre.

Peut-être que vos amis ne sont pas les plus adaptés à vous, peut-être qu’ils ne vous apporteront pas forcément de bonnes choses comme vous le pensiez. Peut-être que d’autres personnes sauront vous compter parmi eux pour ce que vous êtes et non ce que vous paraissez. Vos parents ne souhaitent que votre bien et pourtant ils n’apprennent pas à vous connaitre, c’est à vous de leur donner cette chance. Peut-être que vos modèles ne sont pas en adéquation avec vos convictions.

Je ne vous incite pas à modifier votre mode de vie, changer vos amis ou tout remettre en question avec vos parents, je vous incite simplement à vous poser ces questions: Suis-je actuellement heureux dans ma vie professionnelle et personnelle ? Ai-je des regrets ? 

Découvrez dans le prochain article: Comment se tourner vers un modèle viable ? : les convictions et l’être.

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Etienne Sébillet

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